San Cristóbal de Rapaz,
un legs artistique de plus de 400 ans
Actions en faveur de sa conservation
L’église de San Cristóbal de Rapaz est située dans la communauté de Rapaz, province de Oyón, département de Lima. La chapelle a été construite entre le XVIème et le XVIIème siècle par les missionnaires catholiques espagnols. Elle dispose de retables baroques à la feuille d’or et d’exubérantes peintures murales aussi bien à l’intérieur (poutres, murs, artisanat, plafonds à caissons etc.) qu’à l’extérieur. San Cristóbal de Rapaz fut nommée Patrimoine Culturel National par l’INC en 1945.
Grâce à l’intervention de Patrimonio Perú, association à but non lucratif dédiée à la sauvegarde du patrimoine national, et avec l’aval de la Direction des Biens Culturels de la Conférence Épiscopale du Pérou, l’église de San Cristóbal de Rapaz a été reconnue à maintes reprises par d’importantes institutions internationales vouées au patrimoine culturel mondial, comme un exemple précieux et important de l’art métisse péruvien, digne d’être réhabilité et valorisé.
En 1996, l’église de San Cristóbal de Rapaz a été inclus dans la « liste des 100 Sites en Grand Danger » sous le nom de Peintures Murales de Allauca par le Fonds des Monuments du Monde (World Monuments Fund) à travers son programme Surveillance des Monuments du Monde. Ce fonds a pour objectif de sauvegarder le Patrimoine de l’Humanité en encourageant la conservation et la préservation d’œuvres d’art et d’architecture de grande importance culturelle et historique à travers le monde entier. L’objectif de la Liste de Surveillance, dressée tous les deux ans, est d’attirer l’attention sur les monuments du Patrimoine Culturel mondial qui se trouvent en danger imminent, et ainsi leur adresser le soutien financier nécessaire à leur conservation.
En 1998, grâce à l’intervention des architectes Maribel Beas et Patricia Navarro-Grau, validées par l’Évêque de Huacho, Msr. Lorenzo León Alvarado, cette chapelle ainsi que quatre autres chapelles de la province de Oyón, ont bénéficié de l’aide financière du programme Getty Grant afin d’être inventoriées et dûment documentées.
De nouveau, en 2002, l’église de San Cristóbal de Rapaz a intégré la « Liste des 100 Sites en Grand Danger de 2002 » de la WMF avec 39 autres chapelles de la même zone sous le nom de « Chapelles Doctrinales de Oyón ». Cette dénomination fait suite aux démarches réalisées par les architectes mentionnées ci-dessus, parce qu’il s’agit d’une typologie architecturale rurale andine peu connue mais aussi parce que les expressions de l’art métisse se reflètent dans l’exubérante peinture murale qui se détériore continuellement.
En 2003, Monseigneur Frédéric Richter Prada, Président de la Commission Épiscopale pour les Biens Culturels de l’Église, a présenté avec Patrimonio Perú une demande au Programme Getty Grant pour réaliser le « Projet de Conservation (dossier technique) et travaux d’urgence de l’église de San Cristóbal de Rapazet de sa Tour hors-œuvre ». La Getty a accepté d’accorder 70 % du financement et la WMF, par le biais de la Fondation Wilson Challenger de France, a apporté les 30 % restant. Ce projet, qui s’est conclu en 2005 a consisté en une étude approfondie de professionnels nationaux et étrangers, parmi lesquels l’architecte Patricia Navarro-Grau, l’architecte et conservatrice Maribel Beas, le conservateur Julio Heras Mendoza, l’ingénieur Julio Vargas Neumann, la conservatrice Leslie Rainer, des archéologues et des dessinateurs, qui ont travaillé dans le but de préparer le Projet de Conservation et de Restauration (dossier technique et plans des travaux), étude qui a mis en place la méthodologie, les coûts, le temps et les techniques de construction adéquates pour la restauration ou la mise en valeur du temple.
En avril 2007, de nouveau, une demande de financement de l’ordre de 250 000 dollars a été faite à la Getty pour réaliser le projet de Restauration ou de Mise en Valeur de l’Église et de ses peintures murales. La fondation Getty a souhaité s’entretenir avec l’architecte Patricia Navarro-Grau, directrice du projet, pour pallier à quelques consultations de méthodologie de conservation et surtout de l’inclusion de la communauté dans le projet. Cette réunion aura lieu en février 2008, pour pouvoir solliciter, à nouveau, le financement en avril 2008. Le projet aura une durée minimum de 2 ans.
Patricia Navarro-Grau


