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Les éditeurs indépendants du monde latin
et la bibliodiversité

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Regards croisés sur la bibliodiversité et l’édition indépendante

Anne-Marie METAILIE, éditions Métailié (France)

À travers une expérience personnelle d’éditrice indépendante évoluant depuis 26 ans dans un pays privilégié, l’auteur montre son attachement à la bibliodiversité et à la circulation des littératures. La France possède en effet un cadre favorable au livre si on le compare à la situation d’autres pays (loi sur le prix unique du livre, réseau de libraires indépendants, aides à la traduction, etc.) ; ce cadre n’en est pas moins le résultat de luttes menées par la profession, qu’il s’agit de poursuivre et « d’exporter ». Les acquis obtenus n’offrent cependant pas de garantie pour rester indépendant. Pour résister économiquement et simultanément construire et défendre un catalogue de qualité, il faut quotidiennement faire preuve d’un grand professionnalisme dans les différentes étapes de la publication, tout en continuant à prendre des risques.

Les éditeurs indépendants : une résistance culturelle

José María ESPINASA, éditions Sin Nombre (Mexique)

La situation de l’édition indépendante au Mexique est plus que préoccupante. La pression fiscale que les autorités gouvernementales exercent sur les petits éditeurs est telle qu’il devient plus intéressant d’offrir les livres plutôt que de les vendre, vu les coûts de distribution auxquels ils sont soumis. Les éditeurs indépendants mexicains se sont réunis dans une association, l’Alliance des éditeurs indépendants mexicains et sont parvenus, grâce à leur présence collective dans certaines Foires du Livre à se faire entendre. Mais les résultats restent largement insuffisants. L’allié principal des éditeurs, face à ce constat d’échec, est le lecteur. Pour cela, il faut réformer le système de vente en librairies et continuer les revendications pour que les pouvoirs publics appliquent une véritable politique de soutien à l’édition et à la lecture.

Qu’est-ce qu’une maison d’édition indépendante ?

Bernard STEPHAN, les éditions de l’Atelier (France)

De nos jours, une maison d’édition a le choix entre trois modèles de développement : l’intégration dans un groupe ; la création d’une micro-structure agissant dans un secteur précis sur une « niche » éditoriale ; l’appartenance à un réseau de petites et moyennes maisons d’édition mutualisant les ressources et les forces. Ce dernier modèle, dans lequel les éditions de l’Atelier se sont engagées, s’efforce de construire, dans un esprit d’association, des collaborations et des partenariats dans le long terme, et peut permettre de favoriser l’indépendance et l’originalité de la production d’une maison d’édition. Si ce modèle représente une sérieuse alternative à la concentration de l’édition, il faudra aussi que ces maisons d’édition maîtrisent davantage la diffusion-distribution de leurs ouvrages et qu’elles puissent, avec les librairies, réfléchir à la manière d’augmenter l’espérance de vie du livre, dramatiquement raccourcie par une marchandisage galopante.

L’éditeur indépendant comme explorateur

Beatriz DE MOURA, éditions Tusquets (Espagne)

Le travail de l’éditeur pourrait s’apparenter à celui de l’explorateur : découvrir et faire connaître. Plusieurs faits de notre histoire récente réclament l’attention du monde éditorial en raison de leurs effets induits, parfois pervers. L’éditeur doit tout d’abord faire face aux nouvelles technologies qui ont changé l’utilisation de l’information et de la culture et donc de la lecture. La mondialisation économique force les éditeurs à abandonner leur activité ou à intégrer un grand groupe pour pouvoir survivre, affaiblissant par conséquent les librairies indépendantes. La production de livre est bien trop importante, rapportée à la capacité de lecture de la société. La concentration du secteur de la distribution ou l’apparition de nouveaux distributeurs menace les systèmes classiques de distribution. Enfin, l’éditeur voit apparaître de nouveaux intermédiaires dans sa relation à l’auteur. Toutes ces problématiques doivent être perçues et analysées par les éditeurs indépendants : il existe des solutions qui iront dans le sens du maintien d’une réelle bibliodiversité.

L’édition dans les pays du Sud dans la mondialisation : éditeurs ou importateurs ?

Paulo SLACHEVSKY, éditions Lom (Chili)

Si l’activité éditoriale atteint les auteurs, les éditeurs, les libraires et les lecteurs, elle a aussi un impact sur l’ensemble de la société, dans la mesure où le livre est un bien culturel, reflet de la liberté d’expression et de création, et de la démocratie, puisque le livre est un instrument de l’éducation et de la citoyenneté. Mais cette activité est fortement menacée face à la mondialisation et à la société de l’information, qui transforment la culture en simple distraction, et les citoyens en simples consommateurs. Les expressions culturelles, particulièrement celles des pays du Sud, seraient donc en péril par le simple fait de ne pas être compétitives. C’est la diversité culturelle, la formation des citoyens et donc la démocratie qui sont aujourd’hui fragilisées, car les expressions et les industries culturelles, comme les richesses économiques nationales, constituent les bases des sociétés. Sans engagements forts des Etats pour développer des politiques en matière d’éducation et de culture, et sans mobilisation de la société civile, ces bases qui garantissent la diversité, la souveraineté et l’autonomie succomberont face à des modèles dominant d’homogénéisation.

L’éditeur indépendant face aux écrivains et aux marchés en Amérique latine

Jorge HERRALDE, éditions Anagrama (Espagne)

L’édition indépendante vise deux objectifs principaux : la qualité de la production éditoriale et la durabilité. La maison d’édition Anagrama, fondée en 1969 et très tôt distribuée en Amérique latine, jouit d’une bonne implantation dans tout le monde hispanophone. Les deux dernières années, les vingt titres annuels se sont répartis par moitié entre auteurs espagnols et auteurs latino-américains.

Anagrama contribue en particulier à publier les auteurs latino-américains en Espagne et à diffuser leurs œuvres dans les autres pays d’Amérique latine.

Panorama de la distribution pour les éditeurs indépendants - France, Portugal, Brésil

Anne LIMA, éditions Chandeigne (France)

Si l’augmentation de la production n’est pas un mal en soi, elle le devient quand elle étouffe la variété de l’offre et pénalise ou hypothèque la diffusion et la distribution des catalogues des éditeurs indépendants. Car, malgré des catalogues reconnus, l’accumulation d’expérience et une certaine notoriété acquise au fil des années, les éditeurs indépendants ont de plus en plus de mal à atteindre leur public. Le rythme de rotation des livres en librairie ne correspond plus au temps de travail et de réalisation des ouvrages. Même si la situation des éditeurs indépendants en France demeure privilégiée en comparaison de celle de leurs collègues au Portugal ou au Brésil, un partenariat rénové et renforcé entre éditeurs et libraires indépendants paraît désormais nécessaire pour sauver les activités des uns et des autres, qui garantissent la diversité éditoriale.

L’accès au livre et à la lecture : le cas de l’Angola

Jacques Arlindo DOS SANTOS, éditions Chá de Caxinde (Angola)

Dans les pays en développement, où le taux de scolarisation est encore très faible, l’accès au livre et à la lecture représente un défi majeur : les citoyens n’ont pas l’habitude de lire et ne disposent pas de revenus suffisants pour l’achat de livres. Seuls les livres scolaires peuvent faire l’objet d’un sacrifice financier. Dans un pays sans lecteur où il faut déplorer l’absence de bibliothèques publiques et où le livre reste un produit onéreux, la situation et l’avenir des éditeurs se trouvent fortement menacés. Comment sortir de cette cruelle impasse : pas de lecteur car pas de livres ; pas de livres car pas de lecteurs ? La nécessaire et urgente réforme de toute la chaîne du livre, devant favoriser la production locale au dépens du livre importé, ne se fera pas sans engagement des pouvoirs publics et sans volonté politique d’investir dans l’éducation.

Les petits éditeurs de poésie

Víctor Manuel MENDIOLA, éditions El Tucán de Virginia (Mexique)

La différence entre petites et grandes maisons d’édition tient exclusivement à la différence des moyens financiers mis en œuvre. En revanche, ce qui fait la spécificité des petits éditeurs n’est autre que leur conception de ce que doit être la littérature. L’éditeur de poésie est sans doute le mieux placé pour illustrer ce pari qualitatif.

Il est à noter cependant que la poésie, du moins au Mexique, souffre d’un certain appauvrissement. Qu’on l’accepte ou pas, le futur de la poésie contemporaine se trouve immanquablement entre les mains des petits éditeurs, découvreurs de nouveaux talents.

Professionnalisation et formation des éditeurs africains

Serge DONTCHUENG KOUAM, Presses Universitaires d’Afrique (Cameroun)

L’édition africaine se développera et se renforcera par la formation et la professionnalisation de ses éditeurs. Après un descriptif des pesanteurs entravant l’émergence de la profession et un rappel du contexte propre aux éditeurs africains, l’auteur fait part d’expériences réussies ou d’expériences qu’il faudrait, par l’engagement des pouvoirs publics et aussi par la solidarité interprofessionnelle, relancer ou réorienter. La formation des éditeurs, les rencontres et les échanges d’expérience entre éditeurs et avec d’autres acteurs du livre et de la lecture, paraissent indispensables pour mettre un terme au règne de l’amateurisme des principaux acteurs de l’édition africaine. Cette professionnalisation permettra également aux éditeurs de mieux assurer leur fonction sociale d’éducation et de formation à la lecture et à la citoyenneté.

La professionnalisation de l’éditeur indépendant

Alejandro ZENKER, éditions del Ermitaño (Mexique)

Historiquement, l’éditeur est davantage un autodidacte qu’un professionnel issu d’une institution académique, et l’éditeur indépendant, un passionné du livre plus qu’un professionnel de l’édition. C’est là sa faiblesse et c’est pourquoi il est nécessaire de professionnaliser le secteur, par la mise en place d’une formation systématique à deux niveaux : actualiser le savoir faire de ceux qui exercent déjà la profession, et préparer la formation des étudiants, futurs éditeurs. Pour cela, il faudra tenir compte de plusieurs paramètres essentiels comme l’impact des évolutions technologiques sur la profession, le travail de reconnaissance sociale du professionnel de l’édition et la lutte face à la constitution de grands groupes éditoriaux, conséquence de la mondialisation économique. Sans la professionnalisation et la recherche, la survie de l’édition indépendante est gravement menacée.

Les coéditions solidaires et le livre équitable

Jean RICHARD, éditions d’en bas (Suisse)

L’expérience de la coédition solidaire de la collection Enjeux Planète entreprise par 12 éditeurs francophones d’Afrique, du Canada, d’Europe et du Maghreb, a permis de mettre en œuvre un partenariat éditorial et commercial entre éditeurs indépendants, basé sur des principes de participation démocratique, de mutualisation des ressources et des savoir-faire, et de péréquation des coûts. L’aboutissement de ce processus de solidarité entre éditeurs, qui permet au final de fixer un prix de vente plus adapté au pouvoir d’achat des lecteurs de chaque pays, est aujourd’hui signalé par le label « Le livre équitable ». Ce processus est un cas concret de défense et de promotion de la diversité culturelle, de circulation et d’accès au livre, d’édition indépendante et solidaire. Il propose, à son niveau, une alternative au totalitarisme de l’économie qui règne aussi dans le monde du livre ; les coéditions solidaires et « Le livre équitable » en particulier, apportent donc la preuve de la viabilité (éditoriale, partenariale, économique, commerciale) de projets œuvrant en faveur de la bibliodiversité.

La coédition : acte engagé de bibliodiversité pour les auteurs, les éditeurs et les lecteurs

Gaston BELLEMARE, éditions Écrits des Forges (Québec-Canada)

Écrits des Forges, éditeur québécois de poésie, se situe au cœur de la bibliodiversité et de la diversité culturelle en pratiquant quotidiennement la co-édition, notamment bilingue. Ce type de production ne présente que des avantages : elle favorise la connaissance mutuelle des cultures impliquées, elle développe la complicité entre éditeurs, renforce la diversité éditoriale, elle permet d’échanger des informations et des expériences utiles à la diffusion des livres dans les marchés des pays concernés. La coédition réduit bien entendu les coûts unitaires de production, facilite la communication et les opérations de promotion du livre. Elle est sans doute un des meilleurs moyens de résister à l’intégrisme culturel et à la mondialisation de la culture.

Diffusion et distribution : la place de l’éditeur indépendant

Gilles COLLEU, éditions Vents d’ailleurs (France)

La concentration du secteur éditorial en France a pour corollaire la concentration du secteur de la distribution. Même si quelques petites structures de distribution existent, force est de constater que les maisons d’édition indépendantes ont le plus souvent recours aux structures industrielles ; cette situation peut au final influencer grandement la propre production éditoriale. La concentration dans l’édition, la diffusion-distribution et la librairie, sont à l’origine des phénomènes de surproduction et de forte rotation, phénomènes défavorables à l’éditeur et au libraire indépendants et, donc, à la bibliodiversité. Editeurs et libraires doivent donc reconsidérer leur partenariat, l’asseoir dans la durée et avec davantage de confiance et de solidarité, et réfléchir ensemble à des solutions alternatives de diffusion et de distribution.

Éditer, c’est allier le plaisir et la nécessité

Françoise NYSSEN et Elisabeth BEYER, éditions Actes Sud (France)

La maison d’édition Actes Sud, basée à Arles, s’intéresse depuis sa création à la littérature étrangère et, par conséquent, à la traduction. Elle a largement contribué à la reconnaissance de cette profession, par l’appui à la création de l’association des traducteurs et le collège international de la traduction littéraire. Elle a en outre constitué une équipe de diffusion pour améliorer la distribution auprès des libraires et la promotion du livre par des accords de partenariat.

La librairie indépendante, peu à peu menacée de disparition en France, représente une priorité absolue pour Actes Sud, qui propose d’aider au financement à la création de nouvelles librairies. La formation des libraires pourrait être améliorée par la mise en place d’un système d’apprentissage plus pragmatique. Actes Sud a fait par ailleurs le choix de s’associer à de petites structures éditoriales.

Les éditeurs indépendants et la diversité culturelle

Pablo HARARI, Ediciones Trilce (Uruguay)

Même si l’Uruguay affronte des problèmes économiques et sociaux similaires à ceux d’autres pays latino-américains, les taux d’alphabétisation de la population sont semblables aux taux européens et l’industrie éditoriale du pays se maintient. Pourtant, les éditeurs doivent faire face en Amérique latine à une forte présence de maisons d’édition d’origine espagnole. Dans la préservation et la promotion de la bibliodiversité, le rôle des éditeurs indépendants et la relation entre leur activité éditoriale et la diversité culturelle, sont essentiels. Maillon clé de la vie intellectuelle de leur pays, les maisons d’édition indépendantes contribuent fortement à la défense d’une souveraineté culturelle et à la promotion de la bibliodiversité. C’est sans doute ce qui les distingue le mieux des grands groupes éditoriaux. Mais face à la mondialisation et à la libéralisation, l’industrie éditoriale, comme d’autres industries culturelles, aura fortement besoin de l’appui et de la protection de politiques publiques. L’urgence est maintenant de se mobiliser pour la ratification de la Convention sur la diversité culturelle adoptée par l’UNESCO.

Traduction et diversité culturelle

Gilles PELLERIN, éditions L’instant même (Québec-Canada)

La Convention sur la diversité culturelle dont s’est dotée l’Unesco, le 18 octobre 2005, a établi la nature spécifique de la culture, des biens et des services culturels dans la sphère du commerce international. La réflexion sur la diversité culturelle, menée à cette occasion, a permis d’analyser les effets de la mondialisation économique non régulée sur le marché du livre. Il importe donc de soutenir les productions locales face à l’invasion des importations, de délimiter clairement des espaces linguistiques et culturels pour éviter la mainmise d’une culture sur une autre. La création d’un fonds international destiné à soutenir les échanges multilatéraux entre éditeurs indépendante et acteurs du livre, dans l’esprit de la convention pour la diversité culturelle, pourrait peut-être aider à renforcer la bibliodiversité.

Promotion et distribution du livre

Daniela DI SORA, éditions Voland (Italie)

L’édition indépendante italienne connaît de grandes difficultés face à deux phénomènes : la concentration des grands groupes et la diffusion des livres dans les kiosques à journaux. Par ailleurs, le marché est largement monopolisé par les grandes « chaînes » de librairies.

Il serait donc souhaitable que les petites et moyennes maisons d’édition se regroupent pour offrir une alternative, collaborer à un niveau international avec d’autres maisons d’édition, faire pression sur des organismes comme l’Union européenne afin d’obtenir, notamment, des dispositifs législatifs protégeant mieux le livre. La co-édition bilingue d’auteurs contemporains permettrait en outre de partager les frais d’acquisition des droits et les frais d’impression, tout en élargissant le territoire de diffusion.

Les littératures locales dans un marché mondial

Sandro COHEN, éditions Colibri (Mexique)

Les maisons d’édition réellement importantes, celles qui rénovent, défendent et diffusent la littérature, sont dans la tourmente. Car qui mieux que les maisons d’édition indépendantes jouent ce rôle de révélateur de talents ? Les livres aujourd’hui considérés comme importants ont connu tout un cheminement, grâce au réseau de librairies indépendantes, pour rencontrer leur public, et acquérir leur valeur universelle. La concentration éditoriale et la logique économique et financière régnant de nos jours dans l’édition ont bouleversé le fonctionnement du monde éditorial et ne permettent plus cette prise de risque, ce temps nécessaire, qui peuvent transformer une œuvre littéraire inédite et parfois difficile, en un classique. Pour le lecteur comme pour l’éditeur, lire ou éditer un livre implique à la fois du temps, des efforts, de la réflexion. Encore faut-il des lois protégeant les librairies indépendantes et renforçant l’éducation et la lecture.

LIBRE et le marché éditorial brésilien

Cristina WARTH, éditions Pallas (Brésil)

Dans un contexte éditorial brésilien en pleine mutation et marqué par la concentration, la fusion et les acquisitions, des éditeurs indépendants ont ressenti la nécessité de s’organiser et de se renforcer mutuellement. Réunis pour créer un salon du livre alternatif et innovant à Rio de Janeiro et à Sao Paulo – le Printemps des Livres -, ils ont créé en 2001 la Ligue brésilienne des éditeurs (LIBRE), qui regroupe aujourd’hui une centaine d’éditeurs brésiliens. Les principales caractéristiques de la chaîne du livre au Brésil et ses criantes lacunes soulignent l’urgence et la nécessité de la mise en œuvre des mesures préconisées par la LIBRE. Elle défend donc auprès des pouvoirs publics et au sein même de la profession, un agenda en faveur de l’accès pour tous les éditeurs aux marchés publics, de la formation des lecteurs, de la démocratisation de l’accès au livre et de la défense des éditeurs et des libraires indépendants.

Réseau national, réseau international : que mettre en commun ?

Ginevra BOMPIANI, éditions Nottetempo (Italie)

En Italie, les trois groupes italiens importants (RCS, Mondadori et Longanesi) sont des « forteresses » qui occupent la plus grande partie du marché et empêchent le développement de petits éditeurs indépendants, qui sont particulièrement confrontés aux problèmes de distribution et de promotion.

La création d’une alliance, fondée sur des principes d’amitié, de confiance et de résistance, pourrait être une solution : les éditeurs indépendants devront sans doute faire preuve d’inventivité pour mettre en place des réseaux culturels nouveaux, internationaux, résister à la décadence culturelle, politique et sociale du monde occidental.

Le prix unique du livre

Horia BARNA, éditions Humanitas (Roumanie)

La défense du prix unique du livre relève d’une politique culturelle qui protège le livre comme un bien culturel à part entière. En effet, le prix unique permet l’existence d’un large réseau de librairies, évite la guerre des prix sur les titres à rotation rapide, garantit la survie des petits éditeurs et assure la variété de l’offre éditoriale.

L’absence ou l’abandon de ce type de protection législative aurait des conséquences dramatiques pour toute la chaîne du livre : les éditeurs indépendants ne pourraient faire face à la concurrence des grandes maisons d’édition qui appliqueraient des prix plus bas, ce qui entraînerait par ricochet la disparition des petites et moyennes librairies et remettrait en cause le principe même de bibliodiversité, donnant effectivement la prime aux titres les plus vendeurs.

Les politiques nationales et internationales, l’expérience du groupe Bibliodiversidad

Federico IBÁÑEZ, éditions Castalia (Espagne)

Le secteur éditorial doit se confronter à deux phénomènes nouveaux : l’apparition des nouvelles technologies et des nouveaux supports d’une part, et le processus de mondialisation du commerce, d’autre part. Avec eux, apparaissent de nouvelles difficultés : perte de l’identité du livre, affaiblissement des droits d’auteur, concurrence des autres industries culturelles qui génère des fusions et des concentrations en de grands groupes éditoriaux qui occupent, en Espagne, 80 % du marché du livre. Le collectif « Bibliodiversidad », qui rassemble environ 60 éditeurs espagnols, prône et défend le concept de bibliodiversité dans toutes ses actions (réflexions, actions de plaidoyer auprès des pouvoirs publics etc.). L’édition indépendante se doit de relever 4 défis en luttant pour la qualité de sa production, en renforçant sa visibilité, en s’assurant une réelle viabilité commerciale et financière et en sortant de l’isolement. Ce travail n’est pas envisageable sans l’appui des pouvoirs publics nationaux et des organisations internationales.

Les éditeurs indépendants du monde latin et la bibliodiversité

Interventions

Éditeurs participants

Organisateurs

Partenaires

Communiqué de presse

Déclaration finale

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Les langues de travail seront l’espagnol, le français et le portugais, avec traduction simultanée.