« Regard et Mémoire »
Les archives photographiques Casasola
Mexique 1900-1940
L’exposition présente une sélection de 92 photographies appartenant au Fonds Casasola.
Présentée pour la première fois à Madrid, en Espagne, en mars 2003, elle suit depuis lors un parcours itinérant à travers l’Espagne et l’Europe.
Cette sélection a été réalisée par le commissaire de l’exposition, Pablo Ortiz Monasterio, photographe et éditeur de renom. Elle est classée selon les catégories suivantes :
- La paix sous le porfiriat
- La guerre révolutionnaire
- Les métiers
- La modernité
- L’aigle et le serpent
- La nuit
- La justice
- Les célébrités
La paix sous le porfiriat
Le général José de la Cruz Porfirio Díaz, mieux connu comme «Don Porfirio», gouverna le Mexique de 1876 jusqu’à l’éclatement de la Révolution en 1911.
Dès sa prise de pouvoir moyennant un coup d’Etat en 1876, il entreprit de rétablir l’ordre avec une main de fer dans un pays miné par la violence et le chaos depuis son indépendance.
C’est également lui qui engagea le pays dans la voie de la modernité, entraînant de nombreux changements dans l’industrie, le paysage, et, surtout, le quotidien mexicain.
La guerre révolutionnaire
En février 1911, un groupe de révolutionnaires part de l’état de Chihuahua, au nord du Mexique, mené par Francisco I. Madero, ils prennent les armes contre le gouvernement de Porfirio Díaz.
Leur devise : «sufragio efectivo, no reelección» (suffrage effectif, pas de réélection).
La lutte s’étend rapidement à l’ensemble du pays. Au Sud, Emiliano Zapata, paysan d’origine et stratège militaire d’exception, se joint à la cause de Madero en prônant «la Terre et la Liberté».
Au Nord, on voit surgir Pancho Villa, un caudillo charismatique et audacieux.
En juin 1911, Porfirio Díaz, âgé et fatigué, est contraint à l’exil, tandis que Madero est acclamé à Mexico. La paix est de courte durée. Le général Huerta, soutenu par une fraction de l’armée, est l’artisan d’un soulèvement contre le président Madero, vaincu et passé par les armes.
C’est le début d’une spirale de violence destinée à durer plus de dix ans.
Régiment de paysans sous les ordres
de Carlos Rincón Gallardo en partance
pour Aguascalientes, Mexique, 1914
Les métiers
Au terme des hostilités, le vieux régime est en pièces, les infrastructures et l’économie du pays en piteux état, et plus d’un million de personnes ont péri dans la guerre.
La nécessité de reconstruire le pays s’impose dès lors comme un immense défi : emploi et modernisation en constituent les clés.
Les photos de Casasola datées de cette période sont imprégnées d’optimisme prudent, et de volonté affirmée d’éponger le retard et la misère d’un pays, qualifié un siècle plus tôt par le baron Von Humboldt de « corne d’abondance ».
La modernité
Alors que le nouveau régime politique suit un processus de consolidation (1917-1934), une nouvelle réalité est en train de se forger : celle de la modernité, qui s’impose partout comme une formule de développement national.
Les Casasola photographient les grands sujets de leur temps : le mouvement, la vitesse, les machines, les grands travaux, la mode.
Pour cela ils adoptent des stratégies de type modernistes : contre-plongées, perspectives à vol d’oiseau, points de fuite... Autant de procédés visant à recréer, à travers l’image fixe, le mouvement et le rythme palpitants de la grande ville.
Homme traversant une rue, Mexico, 1922 © INAH
L’aigle et le serpent
Suivant le mythe fondateur, les Aztèques se sont installés sur un rocher au centre du lac de la vallée de Mexico, à l’endroit même où ils virent un aigle dévorer un serpent.
C’est là qu’ils fondent Tenochtitlan qui, au fil des ans devient, la capitale de l’empire aztèque.
Au XVIème siècle, avec l’arrivée des Espagnols, la cité prend le nom de Mexico.
Dans les années 1920 et 1930, l’effervescence sociale, intellectuelle et artistique issue de la Révolution mexicaine fait de la ville un pôle d’attraction pour les artistes et les intellectuels du monde entier.
Vie quotidienne sur la grand place de Mexico, 1920 © INAH
La nuit
L’appareil photo des Casasola hante également le monde de la nuit urbaine.
Comme dans toutes les villes, l’électricité transforme la notion du temps. D’innombrables cinémas, des bals, des music-halls voient le jour.
Mais la nuit est aussi le lieu des vies secrètes, la scène des noctambules et des femmes «de la vie galante», comme les surnomment la presse.
La justice
De tous les préjudices subis par le peuple, et ce depuis la nuit des temps, l’absence d’équité dans l’administration de la justice est sans doute l’un des premiers.
Le nouveau régime s’efforce de moderniser le système judiciaire, il réforme codes et lois. Des méthodes professionnelles d’enquête criminelle sont établies et des jurys populaires institués, en vertu desquels la condamnation ou l’acquittement étaient criés par la salle. Cette expérience, qui fait sans doute écho aux divertissements populaires, se solde par un échec.
Spécialistes examinant
un homme au laboratoire
de criminologie,
1935, Mexico, 1935 © INAH
Les célébrités
L’immense majorité du fonds Casasola – regroupant près d’un demi-million de plaques photographiques - est constituée de portraits, aussi bien individuels que de groupe.
Les Casasola excellent dans cet art, auquel ils imposent un style propre. Personnages illustres et citoyens anonymes captent ainsi l’attention des photographes, tramant ces visages intenses qui évoquent toujours à nos yeux la société mexicaine post-révolutionnaire.
Diego Rivera en tête du cortège funèbre de Julio Antonio Mella, 1929 © INAH
Emiliano Zapata, cc., 1916 © INAH
Les archives photographiques Casasola
Mexique 1900-1940

