Du 27 octobre au 28 novembre 2004
à la Maison de Radio France, Paris
Visions d’un mythe
Un siècle de photographie en Argentine
Daniel Barraco
(Mendoza, 1956)
En 1996, il rencontre les Arriola, des enfants clowns qui se produisent dans les rues de Mendoza, et dont il fait le sujet de son travail intitulé El truco de perder la infancia. Durant 5 années, Daniel Barraco a côtoyé ces enfants pour rendre en images l’engagement affectif qu’il a envers eux et dénoncer les conditions de vie de ceux qui déjà ont perdu leur enfance.
Fabiana Barreda
(Buenos Aires, 1967)
Mêlant photographie, performance, installation et sculpture, son œuvre interroge la réalité de l’homme et de son environnement, la précarité de son habitat, ses usages de la consommation et de son dérivé immédiat, le déchet. Sur le thème de la récupération et des matériaux recyclables, elle compose, non sans humour, une fable photographique sur le comportement de l’Homo-consommateur. Cette interprétation prend toutefois dans le contexte de l’Argentine depuis 2001, une dimension plus tragique qu’ironique.
Florencia Blanco
(Montpellier, France, 1971). Vit depuis 1971 en Argentine.
Depuis 1989, où elle réalise la série photographique qu’elle consacre aux habitants de Salta Capital, l’une des villes principales du Nord Ouest du pays. Elle propose une nouvelle vision de cette culture, avec humour et distance, sans tomber toutefois dans le pittoresque, témoignant de son amour et de sa proximité pour les Salteños. Sous l’apparence de la fête ou du carnaval, c’est aussi l’inquiétude de la vie de province qui transparaît.
Marcelo Brodsky
(Buenos Aires, 1954)
Combinant de façon éclectique la photographie, les archives, les textes, les installations ou la vidéo, Marcelo Brodsky travaille depuis près de dix ans sur la mémoire, la disparition et les conséquences de la dictature en Argentine qui a décimé toute une génération. La disparition de son frère et de nombreux amis a porté cette enquête introspective aux frontières du journalisme, de l’enquête historique et sociologique, l’œuvre d’art étant ici utilisée comme résistance au temps et à l’oubli.
Dino Bruzzone
(Paraná, province de Entre Ríos, 1965)
Travaillant sur base de maquettes qu’il confectionne et anime de mouvements et d’éclairages avant de les photographier, Dino Bruzzone compose un souvenir de l’enfance entre la dimension ludique et l’exercice de la mémoire : la série Italpark, ce grand parc d’attraction de la capitale aujourd’hui disparu, témoigne d’une nostalgie amusée recomposant du point de vue de l’enfant le souvenir des promenades dominicales qui, dans les moments de la dictature, paraissait à Dino Bruzzone le lieu d’une liberté illimitée.
Amado Becquer Casaballe
(Montevideo, Uruguay, 1951). Vit à Buenos Aires depuis 1974 et a adopté la nationalité argentine.
Portraitiste, photographe social et acteur important de la vie de la photographie en Argentine, il a été le témoin direct des heures les plus troublées de l’Argentine depuis plus de vingt-cinq années. Si l’on connaît de lui le grand reportage commencé en 1981 consacré à San Cayetano, ses photographies dans les années de la dictature, des manifestations populaires, de la ronde des Mères de mai sont autant d’appels à une réalité sociale trouvant son point culminant dans le reportage insoutenable de l’exécution le 20 décembre 2001 à Buenos Aires d’un jeune manifestant protestant contre la politique économique gouvernementale et la fermeture des banques.
Eduardo Comesaña
(Buenos Aires, 1940)
Principalement composée de portraits photographiques, son œuvre a accompagné depuis près de quarante ans la presse quotidienne argentine. Ses portraits de Jorge Luis Borgès, de Julio Sosa ou d’Ongaria sont demeurés célèbres, comme ses portraits de personnalités du monde culturel ou politique international. Il capte la personnalité du modèle, à l’affût d’une expression inhabituelle, de l’instant insolite où il relâchera son attention. Son reportage des funérailles de Peron en 1974 a fixé l’une des pages les plus intenses de la vie du peuple argentin.
Horacio Coppola
(Buenos Aires, 1906)
Initié dès l’enfance à la photographie, il voyage en Europe de 1930 à 1931 et suit les cours de photographie du Bauhaus où il rencontre sa future épouse Grete Stern. A Paris, il rencontre Le Corbusier, réalise des portraits de Joan Miró et Marc Chagall, et collabore à la revue Les Cahiers d’Art. De retour à Buenos Aires avec Grete Stern en 1936, il publie Buenos Aires 1936 (Visión Fotografíca) et réalise le film Así nació el Obelisco. En 1937, il installe son studio à Buenos Aires.
Dans une esthétique résolument moderniste aux cadrages originaux hérités de l’enseignement du Bauhaus et de la nouvelle subjectivité, Horacio Coppola a su capter en une vision dynamique le spectacle de la rue et le décor d’un Buenos Aires aimé, traduisant sans aucune nostalgie l’ambiance de la ville, son intensité et son dynamisme.
Alicia D’Amico
(Buenos Aires, 1933-2001)
Son engagement féministe ne l’a pas détournée des réalités sociales et culturelles de l’Argentine : outre une œuvre intimiste et des portraits d’artistes ou de personnalités argentines, elle s’est intéressée aux communautés marginales de son pays, comme celle des indiens Mapuches, aux villas, bidonvilles grossissant aux abords des grandes villes, à l’univers d’un hôpital pour malades mentaux; les Mères de mai, ces femmes à la recherche de leurs enfants disparus durant la dictature ont également fait l’objet d’une enquête photographique, la dignité de la personne unissant tous ces thèmes dans une œuvre sincère et souvent bouleversante.
Sara Facio
(Buenos Aires,1932)
Figure incontournable de la photographie en Argentine, elle a contribué à la reconnaissance de cette discipline et des artistes de son pays au-delà des frontières, par ses activités d’éditrice, de galeriste, de commissaire, d’historienne de la photographie comme par la qualité de son œuvre où domine le portrait. Elle a été le trait d’union essentiel entre la génération de la photographie des années trente, travaillant notamment avec Annemarie Heinrich, et une plus jeune génération de photographes qu’elle a encouragée. Elle revient aujourd’hui en ses portraits à la peinture et au dessin qu’elle n’a vraiment jamais quittés, les surchargeant de couleurs.
Cristina Fraire
(Buenos Aires, 1949)
Ses photographies témoignent d’un réel engagement dans les thèmes qu’elle aborde, liés à la condition sociale de groupes ou de populations défavorisées, que ce soit par ses enquêtes sur les bidonvilles ou les quartiers spontanés, les villas, leurs organisations et leurs mutations urbanistiques, le travail des enfants, ou par le thème des bergers de l’Altiplano de la province de Cordoba. Elle témoigne d’une réelle proximité et d’un grand respect de ceux qu’elle photographie, écrivant : «J’ai photographié diverses choses de la vie qui soutiennent la mienne».
Adriana Groisman
(Buenos Aires, 1959)
Dans sa série Tango, el baile de la noche, elle est parvenue à éviter les pièges folkloristes des images convenues en s’intéressant au thème du tango, l’un des mythes de l’Argentine. Rejetant les images convenues ou séduisantes, elle a su capter l’âme du tango, non celui des danseurs professionnels ou des concours, mais l’ambiance des milongas, ces salons de danse où s’exprime toute la séduction du corps et d’une danse vécue en Argentine comme une passion et une identité.
Marcelo Grosman
(Buenos Aires, 1958)
Dans ses photographies en couleur procédant par portraits isolés, il a entrepris d’étudier la société argentine contemporaine, se souvenant non sans ironie dans ses portraits un peu mélancoliques des militaires de la terreur et de la mort des années de la dictature, interrogeant aujourd’hui par la photographie de vacanciers le visage d’une Argentine incertaine.
Elda Harrington
(Buenos Aires)
Son œuvre photographique traite comme thème principal le corps humain, qu’il soit de l’homme ou de la femme, en étudiant les lignes jusqu’à l’épure ou en faisant le support de projections lumineuses ensuite rephotographiées. Les préoccupations architecturales ne sont pas étrangères à cette œuvre intime, proche d’un graphisme que guident l’ombre et la lumière.
Annemarie Heinrich
(Darmstadt, Allemagne, 1912). Emigre avec sa famille en Argentine en 1926.
Annemarie Heinrich, «la photographe des étoiles», occupe une place considérable dans la photographie en Argentine. Son style si particulier et reconnaissable et ses modèles, acteurs, figures populaires ou majeures des arts et de la haute société, en ont fait l’une des grandes figures de cette discipline. Construites en référence à l’image du cinéma et témoignant d’une haute exigence technique, ses photographies témoignent d’une recherche de l’expression souvent multiple de ses modèles.
Son style évolua avec l’époque, la précédant parfois, pour faire surgir des portraits en phase avec la société. Elle fut la créatrice en Argentine de la photographie de spectacle, réalisant en contrepoint quelques vues de sa ville d’adoption dont elle suivit avec intérêt les modifications.
Adriana Lestido
(Buenos Aires, 1955)
Elle a réalisé des reportages traitant de la condition féminine en ses multiples aspects. Outre la série Hospital Infanto – Juvenil (1986-1988), elle s’est tournée vers les jeunes mères (1988-1990) et s’est consacrée au thème des femmes en prison (1991-1998), étudiant les conditions de vie de femmes devenues mères dans l’univers carcéral.
La série Amores difíciles poursuit l’exploration de ce lien puissant unissant la mère et la fille au travers d’une série de portraits féminins très sensibles, comme une chronique intime.
Eduardo Longoni
(Buenos Aires, 1959)
A partir de 1979, il s’engage dans une activité de photographe de presse qui l’amène à réaliser des images de la violente période de la dictature militaire en Argentine. Ces photographies seront montrées en Amérique du Sud mais aussi en Europe, au Japon et en Ex-Union Soviétique, et publiées à de nombreuses reprises.
Depuis 1988, il est actif en tant qu’enseignant en Argentine.
Marcos López
(Santa Fé, 1958)
Il exploite d’abord la couleur dans la série Buenos Aires, la ciudad de la alegría, composée comme la publicité pour une campagne électorale. Sa recherche de saturation colorée se retrouve dans Pop Latino où il traduit de façon humoristique les mythes de l’Argentine ou de l’Amérique latine, composant chaque photographie comme une mise en scène, usant de déguisements, de masques, de jouets. Sous des dehors ironiques, son œuvre revêt souvent une critique de la réalité sociale et économique de l’Argentine et de ses rêves, de sa tentation au modèle américain vers une société de consommation procédant par mimétisme.
Fernando Paillet
(Esperanza, Province de Santa Fe, 1880-1967)
Il acquiert en 1898 son premier matériel photographique, qu’il utilise tant en studio qu’à l’extérieur, et commence à travailler à Esperanza où il pratiquera la photographie durant quarante ans. S’il est un photographe de studio traditionnel, il enregistre parallèlement une série de vues documentaires, actes publics, rues, places, façades d’édifices publics, paysages de rivières. Son travail se systématise dès 1920 en incluant des intérieurs de bars, d’ateliers ou de lieux pittoresques, enregistrant les modifications de sa petite ville. Fernando Paillet a ainsi livré un témoignage historique inestimable sur la réalité sociale du début du 20 e siècle d’une communauté agricole de la province argentine.
Juan Paparella
(Buenos Aires, 1965)
Il développe une œuvre de tendance conceptuelle dans laquelle il mêle différents matériaux et techniques – objets, vidéos, installations et photographies – pour questionner l’identité des choses et des personnes, et mettre en exergue la difficulté inhérente de toute communication. Dans ses travaux les plus récents, il aborde les thèmes de la mort, des rites, des sacrifices et de l’agonie.
Esteban Pastorino
(Buenos Aires, 1972)
Fasciné par les édifices construits par l’architecte Salamone dans la province de Buenos Aires entre 1936 et 1940, il a réalisé une série de photographies dans lesquelles la réalisation technique vient appuyer et compléter le propos. L’étude de la lumière, les appareils utilisés et l’emploi de la gomme bichromatée confèrent à ces architectures démesurées, grandiloquentes émanations du pouvoir central, un étrange aspect fantomatique qui renvoie symboliquement à l’échec de l’utopie d’une Argentine riche et puissante.
Marga Pels
Les portraits de Marga Pels déjouent la notion de ressemblance pour montrer des modèles cachés. A partir d’extraits du quotidien, d’une banalité assumée, Marga Pels propose une métaphore du portrait, une mise en abîme de la représentation, l’une des fonctions assignées à la photographie à son origine. Cette œuvre intime et discrète questionne les paramètres de cette discipline. Les photographies de la série Fotos para Sonreír en el año 2076 réalisées en janvier 2000 montrent ses enfants et petits-enfants projetés dans le futur et occupant le rang familial qu’occupe Marga Pels aujourd’hui.
Oscar Pintor
(Province de San Juan, 1941)
D’une grande pureté formelle, les photographies d’Oscar Pintor convoquent les matières, le silence et la solitude des objets qui, mieux que le portrait, viennent parler du quotidien. Ses œuvres sont des métaphores poétiques de l’existence, des instants de la vie de province partagés entre le bonheur et l’éloignement, une chronique de la banalité magnifiée par l’originalité de son regard.
Graciela Sacco
Née à Rosario, Province de Santa Fé, en 1956, Graciela Sacco a fait des études de beaux arts à l’Université de Rosario (1987) où elle exerce en tant que professeur d’histoire de l’art latinoaméricain de 1987 à 1999. Elle est aussi professeur d’art expérimental à l’École des Beaux Arts de Rosario. Gabriela Sacco a réalisé plusieurs travaux et publications sur l’avant-garde esthétique des années 60 en Argentine ainsi que des recherches en technique héliographique. Elle participe depuis 1982 à plusieurs expositions collectives et individuelles. Son intérêt pour les relations entre l’art et la vie quotidienne l’ont amenée à observer la ville, le croisement des lieux publics et privés, l’impact de l’image publicitaire dans le cercle urbain et les stratégies esthétiques mises au service du commerce. Elle matérialise ses réflexions dans des installations qui combinent la photographie — impressions sur supports variés comme des parasols ou des valises — et d’autres matériaux. Graciela Sacco a représenté l’Argentine à la vingt-troisième Biennale de Sao Paulo en 1996 et à la Biennale de Venise en 2001.
Alicia Sanguinetti
(Buenos Aires, 1945)
Elle se forme à la photographie en travaillant dans le studio de sa mère, Annemarie Heinrich. Dès 1957, la danse classique fascine Alicia Sanguinetti qui en fait un thème prédominant dans ses recherches photographiques, la menant à devenir une spécialiste de la photographie de ballet. Elle traduit non seulement la gymnastique des corps et les figures répétées, les portraits des danseurs et des étoiles mais aussi l’ambiance entourant les répétitions et les représentations. La photographie de nu, en relation avec la danse, est l’un de ses sujets de recherche.
Ricardo Sanguinetti
(Buenos Aires, 1940)
Il est initié à la photographie par sa mère, Annemarie Heinrich.
A mi-chemin entre l’image technique et la création artistique, servi par l’efficacité de l’image publicitaire, Ricardo Sanguinetti a traduit de façon autant poétique que dynamique l’activité des travailleurs du métal, comme perdus dans les environnements futuristes qu’ils contribuent à élever. Sa vision claire et dynamique des villes n’exclut pas une large part de créativité, montrant en un jour serein le spectacle de la société moderne. Son travail en couleur sur le thème du nu montre en contrepoint une grande maîtrise technique et une grande sensibilité héritée de l’esthétique des années soixante.
Pablo Soria
(San Miguel de Tucumán, 1964)
Venu de la peinture, Pablo Soria est progressivement passé à la photographie, sans abandonner la technique picturale mais en la confrontant précisément à celle-ci. L’analogie dans les associations formelles, la trace du corps comme empreinte sur le papier, les aller-retour entre présent et passé sont la trame de cette œuvre qui entend décloisonner les époques et les disciplines pour susciter la réflexion et l’exercice de la mémoire.
Grete Stern
(Wuppertal – Elberfeld, Allemagne, 1904 - Buenos Aires, 1999)
S’exilant devant la montée du fascisme, elle arrive en Argentine en 1935 avec son époux Horacio Coppola rencontré au Bauhaus. Entre 1948 et 1951, elle réalise sa série la plus connue, Sueños, illustrations de rêves des lecteurs de la revue Idilio. Ce succès ne devait pourtant pas faire oublier les très belles photographies prises de Buenos Aires dès 1930. Grete Stern s’est également intéressée au reportage en photographiant en 1961 la communauté des indiens Chaco.
Réalisatrice de la première exposition de photographie moderne en Argentine, Grete Stern est une figure essentielle de cette discipline qu’elle pratique pendant plus de cinquante ans.
Juan Travnik
(Buenos Aires, 1950)
Il a photographié sa ville et en a fixé les modifications. L’envisageant de façon frontale dans des lueurs de fin de jour ou dans l’éclairage artificiel et insolite de la nuit, Juan Travnik compose de véritables portraits de la ville qui disent sa solitude et la nostalgie d’un Buenos Aires qui disparaît. Il capte une véritable âme de la ville qui, mieux qu’une enquête, parle de ceux qui l’habitent. Revenant au portrait, il livre depuis peu une série d’émouvants visages, ceux, vingt ans après, des soldats de la guerre des Malouines, blessés et cicatrisés comme les vieilles maisons des quartiers de Palermo ou de San Telmo.
Son activité de commissaire d’expositions et de professeur en fait un incontournable diffuseur de la photographie argentine.
Alejandro S. Witcomb
(Angleterre, 1835 - Asunción de Paraguay, 1905). Elevé à Paris, Witcomb émigre en Argentine, à Rosario, en 1878. Il installe son studio Calle Florida à Buenos Aires. Jusqu’à son décès, Alejandro Witcomb fixera le «… reflet d’une société avide de progrès et de connaissance, un héritage culturel plein de beauté et de chaleur, où se dénote le plaisir du photographe de préserver un environnement auquel il n’était pas indifférent» (Sara Facio). De fait, l’observation de cette nouvelle société argentine principalement composée d’immigrants est étonnante dans le respect qu’accorde Witcomb à ceux qui posent pour lui, leur conférant pour l’éternité harmonie et sérénité.
Marcos Zimmermann
(Buenos Aires, 1950)
Profondément attaché à la terre argentine, Marcos Zimmermann en a traduit la beauté dans des images d’une grande plénitude, où prédomine l’élément naturel. Visions sereines et puissantes des fleuves ou beauté sauvage de la Patagonie, la présence humaine n’est pas écartée de ces paysages qui disent une autre Argentine, hors des grands centres urbains. Marcos Zimmermann s’attache aussi à représenter les habitants, communautés religieuses, habitants du long des fleuves dans des photographies qui sont l’écho de ses paysages.
Maria Zorzon
(La Reconquista, Province de Santa Fé, 1955)
Que ce soit par ses portraits effectués dans les milieux marginaux de la Louisiane, dans les photographies des tribus indiennes Witchi du Nord de l’Argentine, ou dans les photographies de son village de Santa Fe, c’est l’existence des communautés que fixe Maria Zorzon, ethnographe autant que photographe, qui s’y immerge pour mieux en percevoir la réalité, offrant un visage souvent méconnu de l’Argentine.
Helen Zout
(Santa Fé, 1957)
Elle traite le thème des enfants porteurs du sida dans une série réalisée à la demande du Service des Maladies infectieuses de l’Université de La Plata, avec son style direct et sans détours, suscitant après l’émotion la réflexion du spectateur. Images souvent insoutenables, qu’elle transcrit avec énormément de pudeur.
C’est d’absence qu’il s’agit dans une autre série où elle fait le constat des disparitions de la dictature dans la province de La Plata, associant les témoins, les victimes et le rôle de la photographie qui vient conserver une mémoire souvent éphémère.

