Notes des commissaires
Pendant près d’un demi-siècle, le studio d’art des Frères Vargas a été le studio photographique le plus en vue au sud du Pérou. À une époque où les galeries et les musées n’existaient pas encore, les frères Vargas firent de leur studio un lieu de diffusion culturelle où se côtoyaient poètes, peintres, musiciens, politiques et bohèmes du sud andin. Cette rétrospective nous offre non seulement l’opportunité d’apprécier l’héritage artistique des frères Vargas, mais aussi une vision privilégiée d’un moment extraordinaire de l’histoire du Pérou.
Plusieurs critères ont été retenus pour l’organisation de cette exposition. Naturellement, il nous a semblé indispensable de mettre en lumière les prouesses artistiques des frères Vargas, de même que nous avons jugé nécessaire d’inclure des clichés éclairant le contexte social, culturel et historique de cette période particulière. Pour les fins observateurs, les photos du studio Vargas sont une mine d’informations sur la vie quotidienne des photographes : comment ils travaillaient, comment ils se percevaient, comment ils assuraient leur notoriété et quel type d’images ils choisissaient d’exposer.
Au même rythme que la réalité, les perspectives humaines évoluent au fil du temps. Les yeux des Vargas ne peuvent être les nôtres. Nul doute que les photos que nous avons sélectionnées ne coïncident pas toujours avec celles qu’ils auraient choisies pour une exposition rétrospective. Nous ne prétendons pas parler en leur nom. Au final, ce sont les images, non les créateurs, ni les commissaires, qui ont le dernier mot.
Pour restaurer ces clichés, nous avons eu recours à la technologie numérique la plus moderne. Au moyen de scanners, les négatifs originaux ont été convertis en fichiers haute résolution. Après quelques retouches sur Photoshop, les images ont été copiées à l’aide d’imprimantes à jet d’encre, capables de restituer les tons les plus délicats des négatifs originaux. Le résultat est une image d’archive, semblable aux photos de l’époque, dont le papier et les révélateurs sont aujourd’hui obsolètes, avec une gamme de tons plus large que ce que l’on peut obtenir actuellement en utilisant des procédés photographiques traditionnels.
Peter Yenne et Adelma Benavente, commissaires de l’exposition
© Peter Yenne et Adelma Benavente
